La vraie nature de LREM

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Samedi 29 septembre 2018

Le mot d’ordre, c’est faire plus pour ceux qui ont moins, la réalité prendre aux pauvres pour donner aux riches ?

Jeudi soir, lors de l’émission politique consacrée à notre premier ministre, le premier point qui a attiré notre attention concerne la situation des hôpitaux. Depuis maintenant plus d’une vingtaine d’année, ils sont devenus une variable d’ajustement budgétaire au détriment d’une véritable politique de santé 

Le personnel hospitalier va s’installer ce samedi à partir de 14h sur la place de la République pour une pièce de théâtre s’inspirant du « J’accuse » d’Emile Zola. « Un « J’accuse » de l’hôpital directement adressé à Emmanuel Macron pour lui expliquer la situation dans les hôpitaux qui n’est plus possible mais aussi pour le mettre face à ses responsabilités », explique Hannah, une infirmière du collectif. 

« Nous ne sommes pas aujourd’hui en capacité de prendre en charge correctement les patients car il n’y a pas les moyens ni les effectifs. On fait ce qu’on peut avec les moyens du bord », ajoute la soignante lyonnaise pour qui le plan santé présenté récemment par Emmanuel Macron et Agnès Buzin n’est pas « conforme aux réalités ».

Il a été également question à un moment donné du choix fait de ponctionner les retraités. Explication du premier ministre, « c’est pour donner du pouvoir d’achat à ceux qui travaillent », car il est clair que pour travailler efficacement il faut être bien nourri. Le retraité lui peut sauter un repas.

Et l’entourloupe continue. Pendant deux ans, le gouvernement Macron ne va pas appliquer à la prime d’activité la traditionnelle revalorisation annuelle basée sur l'inflation. De quoi relativiser son augmentation exceptionnelle prévue sur la même période. Les bénéficiaires en dessous de d'un demi smic vont même y perdre. Le même tour de passe-passe est prévu pour l'AAH et le minimum vieillesse.

C’est pourtant «la» mesure sociale affichée par le gouvernement : augmenter certaines prestations. Promesse bien présente dans le projet de budget 2019 : après une première revalorisation exceptionnelle prévue en novembre de cette année, la prime d’activité́, qui permet au travailleur modeste (jusqu’à 1 300 euros) d’arrondir ses fins de mois, sera à nouveau augmentée. De 20 euros, par exemple, pour un salarié au smic. L’AAH connaîtra, elle aussi, deux revalorisations successives : 41 euros en 2018 puis 40 euros en 2019, pour atteindre 900 euros par mois. Enfin, l’Aspa augmentera de 35 euros pour une personne seule (54 euros pour un couple) au 1er janvier. Ça, c’est ce qui est écrit sur les documents du gouvernement transmis à la presse…

Mais lorsqu’on se penche attentivement sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2019, on découvre que l’exécutif va supprimer les revalorisations annuelles de ces deux prestations, aujourd’hui indexées sur l’inflation.

Ce mécanisme permettait jusqu’ici de garantir le pouvoir d’achat des bénéficiaires lorsque les prix augmentent. En rompant avec cette tradition, l’Etat devrait économiser quelques dizaines d’euros par bénéficiaire : en clair, il va reprendre d’une main tout ou partie de ce qu’il s’apprêtait donner de l’autre. Et à la fin, certains – notamment ceux qui perçoivent moins d’un demi smic – se retrouvent carrément perdants.

Pour maintenir sa trajectoire de réduction du déficit public sous la barre des 3% de PIB, l’Etat a donc choisi de désindexer aussi ces prestations sociales, en catimini. Sans assumer.